Créer une activité de services à la personne autour de Bordeaux relève d’une logique de voisinage : un cabinet comptable le constate chaque fois qu’un projet arrive de ce secteur. Fontanieu et Parempuyre forment un tissu pavillonnaire et familial où le ménage, le jardinage, le petit bricolage, la garde d’enfants et l’aide aux seniors correspondent à une demande réelle et récurrente, à quelques rues du prestataire. Cet article pose le cadre avant de se lancer. Vous y trouverez la distinction, souvent mal comprise, entre déclaration, agrément et autorisation, avec les activités qui relèvent de chacun. Un développement complet porte sur le crédit d’impôt de 50 % accordé à votre client final, et surtout sur l’avance immédiate qui le transforme en réduction visible dès le paiement : c’est elle qui emporte la décision d’achat du particulier. Vous verrez enfin la mécanique de facturation, l’attestation fiscale annuelle à délivrer, et la condition d’activité exclusive, découverte trop tard par beaucoup de jeunes structures.
1. Un marché de voisinage, pas un marché théorique
Commençons par le terrain, car il explique la forme que prennent ces projets.
1.1 Ce que le secteur a de particulier
Le nord-ouest de la métropole, autour de Fontanieu et de Parempuyre, présente une composition très favorable à ces activités : habitat individuel avec jardins, population familiale avec de jeunes enfants, et une part croissante de personnes âgées souhaitant rester à domicile.
Trois besoins se dégagent, avec des logiques économiques distinctes. L’entretien de la maison et du jardin, activité régulière et planifiable. La garde d’enfants, contrainte par des horaires précis et une forte exigence de fiabilité. Et l’aide aux personnes âgées, activité en croissance mais soumise à un cadre réglementaire plus lourd.
1.2 Une clientèle de proximité, avec ses avantages
L’implantation locale n’est pas un détail commercial, elle change l’économie du projet.
Les temps de déplacement entre deux interventions constituent le premier poste de perte de rentabilité de ces métiers. Une clientèle concentrée sur quelques rues permet d’enchaîner les prestations, là qu’une clientèle dispersée sur la métropole fait perdre une heure entre chaque rendez-vous.
Le bouche-à-oreille fonctionne à plein dans un quartier pavillonnaire, ce qui réduit fortement le coût d’acquisition d’un client. En contrepartie, une prestation mal exécutée se sait tout aussi vite.
1.3 Les formes juridiques rencontrées
Trois configurations dominent, et elles n’ont pas les mêmes conséquences.
Le micro-entrepreneur qui intervient seul, formule la plus fréquente au démarrage, simple et peu coûteuse, mais plafonnée et limitée dans sa capacité à se développer.
La société avec salariés, qui permet de couvrir davantage de clients et d’assurer une continuité de service, mais fait entrer dans le champ de la convention collective applicable et de la gestion sociale.
Le mode mandataire, où votre structure met en relation le particulier et un intervenant, le particulier devenant l’employeur. La logique juridique et fiscale est alors entièrement différente du mode prestataire.
2. Déclaration, agrément, autorisation : trois régimes distincts
Voici le point que les créateurs confondent le plus, et qui conditionne tout le reste.
2.1 La déclaration, facultative mais décisive
La déclaration s’effectue auprès de l’administration compétente et n’est pas obligatoire pour exercer. Vous pouvez proposer du ménage à domicile sans être déclaré.
Elle est en revanche indispensable en pratique, car elle conditionne l’accès aux avantages fiscaux et sociaux : le crédit d’impôt pour votre client, et le taux réduit de TVA sur vos prestations.
Sans déclaration, votre prestation coûte au client le double de celle d’un concurrent déclaré, à prix affiché identique. Autant dire que l’activité n’est pas viable.
Les conditions et la procédure sont présentées sur la fiche officielle relative à la création d’une entreprise de services à la personne, et le portail servicesalapersonne.gouv.fr recense l’ensemble des activités concernées.
2.2 L’agrément, obligatoire pour certains publics
L’agrément est d’une autre nature : il est obligatoire, et son absence interdit purement et simplement l’exercice.
Il concerne les activités s’adressant à des publics considérés comme fragiles, notamment la garde d’enfants de moins de trois ans à domicile et l’accompagnement de ces jeunes enfants dans leurs déplacements, ainsi que certaines interventions auprès de personnes âgées, handicapées ou dépendantes selon le mode d’intervention.
L’obtention suppose de démontrer des moyens humains et matériels adaptés, une organisation de la continuité de service et des qualifications correspondantes. La procédure est plus longue qu’une simple déclaration, ce qui doit être intégré au calendrier de lancement.
2.3 L’autorisation du conseil départemental
Troisième régime, distinct des deux précédents. Les interventions auprès de personnes âgées, handicapées ou dépendantes réalisées en mode prestataire relèvent d’une autorisation délivrée par le conseil départemental, en Gironde pour les entreprises de la métropole.
Ce régime emporte des obligations de qualité, de tarification et de contrôle plus étendues. C’est le cadre le plus exigeant des trois, et le sujet mérite d’être instruit très en amont si votre projet vise ce public.
2.4 Comment savoir de quoi vous relevez
La règle de méthode est simple : partez de la liste précise des prestations que vous comptez proposer, et vérifiez le régime applicable à chacune.
Un même projet peut relever de plusieurs régimes. Une entreprise qui fait du ménage, du jardinage et de la garde d’enfants de plus de trois ans reste dans le champ de la déclaration. La même entreprise qui ajoute la garde d’enfants de moins de trois ans bascule dans l’agrément pour cette activité.
Le piège classique consiste à démarrer sur une activité déclarée, puis à accepter progressivement des demandes qui relèvent d’un autre régime, sans refaire la vérification.
3. Le crédit d’impôt, argument commercial numéro un
Passons à ce qui décide réellement de l’achat chez le particulier.
3.1 Le principe : 50 % pour votre client
Le particulier qui recourt à un organisme déclaré bénéficie d’un crédit d’impôt égal à 50 % des sommes versées dans l’année, dans la limite de plafonds.
Le plafond général est de 12 000 € de dépenses par an et par foyer fiscal, majoré dans certaines situations, notamment en fonction du nombre d’enfants à charge ou de la présence de personnes de plus de 65 ans, sans que le plafond majoré puisse dépasser 15 000 €. Des plafonds spécifiques s’appliquent en outre à certaines activités, dont 5 000 € par an pour les petits travaux de jardinage.
Un crédit d’impôt, et non une réduction : le particulier en bénéficie même s’il n’est pas imposable, la somme lui étant alors remboursée. C’est un argument que beaucoup de prestataires n’utilisent pas, alors qu’il élargit considérablement la clientèle potentielle.
Le détail du dispositif figure sur la page consacrée à l’avantage fiscal pour l’emploi à domicile.
3.2 L’avance immédiate, le vrai déclencheur
Voici l’élément qui change tout, et qui mérite d’être au centre de votre discours commercial.
Historiquement, le crédit d’impôt se percevait avec un décalage : le client payait 100, et récupérait 50 l’année suivante. Cette avance de trésorerie freinait massivement la décision d’achat, surtout chez les ménages modestes.
Le service d’avance immédiate, proposé gratuitement par l’URSSAF, supprime ce décalage. Le crédit d’impôt de 50 % est déduit directement du montant à payer : le client ne règle que le reste à charge. Une prestation facturée 100 € lui coûte 50 € au moment même où il paie.
Le fonctionnement du service est décrit sur la page de l’URSSAF consacrée à l’avance immédiate de crédit d’impôt, et son déploiement a été présenté dans une actualité officielle sur le crédit d’impôt reversé immédiatement.
3.3 Ce que cela implique pour vous
Adhérer au dispositif n’est pas automatique et suppose une inscription de votre structure, puis l’activation du service pour chaque client qui le souhaite.
Deux points pratiques. Vous encaissez le reste à charge du client, et l’URSSAF vous verse la part correspondant au crédit d’impôt : votre trésorerie dépend donc partiellement d’un flux administratif, dont il faut connaître le rythme. Et la déclaration mensuelle des prestations devient un acte de gestion à part entière, dont dépend votre encaissement.
Ne pas proposer l’avance immédiate revient aujourd’hui à demander à votre client un effort de trésorerie que le concurrent d’à côté ne lui demande pas. Sur un marché de voisinage, c’est un désavantage difficile à compenser.
4. Facturation, TVA et attestation annuelle
Trois obligations techniques où les jeunes structures se trompent régulièrement.
4.1 Ce que doit contenir votre facture
Au-delà des mentions habituelles, votre facture doit permettre de justifier le droit au crédit d’impôt de votre client. Doivent y figurer l’identification de votre structure et de votre numéro de déclaration, la nature précise de l’intervention, la date et la durée de l’intervention, ainsi que le nom de l’intervenant.
La précision de la nature de la prestation n’est pas cosmétique : elle détermine l’application des sous-plafonds. Un intitulé générique du type « entretien » ne permet pas de distinguer le ménage du jardinage, qui n’obéissent pas au même plafond.
4.2 Les taux de TVA applicables
Les prestations de services à la personne rendues par un organisme déclaré bénéficient de taux réduits, dont le niveau varie selon la nature de l’activité et le régime dont vous relevez.
Deux points de vigilance. Le bénéfice du taux réduit est conditionné à la déclaration et au respect de la condition d’exclusivité examinée plus loin. Et toutes les activités du champ ne relèvent pas du même taux, ce qui impose de paramétrer correctement votre outil de facturation dès le départ.
Si vous démarrez en franchise en base de TVA, la question ne se pose pas immédiatement, mais elle se posera au franchissement des seuils : c’est un point à anticiper plutôt qu’à découvrir.
4.3 L’attestation fiscale annuelle
Obligation trop souvent découverte en janvier, dans l’urgence. Vous devez délivrer chaque année à vos clients une attestation fiscale récapitulant les sommes qu’ils vous ont versées au cours de l’année civile écoulée, document qui leur sert à justifier leur crédit d’impôt.
Trois conseils pratiques. Tenez un suivi par client tout au long de l’année plutôt que de reconstituer en janvier. Distinguez les prestations par nature, pour permettre l’application des sous-plafonds. Et retenez que le montant à porter est celui effectivement encaissé dans l’année, pas facturé, ce qui crée un décalage pour les prestations de décembre payées en janvier.
Une attestation erronée expose votre client à un redressement, et vous à une relation client dégradée au pire moment.
5. La condition d’activité exclusive
Point technique majeur, et cause de désagrément la plus fréquente chez les jeunes structures.
5.1 Ce que dit la règle
L’organisme qui souhaite bénéficier des avantages attachés à la déclaration doit exercer son activité à titre exclusif dans le champ des services à la personne.
Autrement dit, vous ne pouvez pas panacher : une structure qui fait du ménage à domicile et, à côté, du nettoyage de bureaux pour des entreprises, sort de la condition d’exclusivité. Des dérogations existent pour certaines formes d’organismes, mais elles ne concernent pas la généralité des entreprises créées par un indépendant.
5.2 Pourquoi c’est un piège
Le mécanisme du piège est toujours le même, et il est presque involontaire.
Une entreprise démarre sur du ménage chez les particuliers. Un client, gérant d’une petite société du secteur, lui propose de nettoyer ses bureaux le samedi. La prestation est identique, le client est le même, le chiffre d’affaires est bienvenu. Et la condition d’exclusivité est rompue.
La conséquence est disproportionnée par rapport à la cause : la perte du bénéfice des avantages fiscaux, donc du crédit d’impôt pour l’ensemble de vos clients particuliers, et du taux réduit de TVA.
5.3 Comment gérer une activité mixte
La solution existe et se prépare : créer deux structures distinctes, l’une dédiée aux services à la personne et déclarée, l’autre pour les prestations aux professionnels.
Cela suppose une organisation rigoureuse : comptabilités séparées, facturations distinctes, contrats de travail rattachés à la bonne entité, et répartition documentée des moyens communs, véhicule, matériel, local.
Le surcoût administratif est réel, et il faut le mettre en balance avec le chiffre d’affaires professionnel envisagé. Pour quelques heures de nettoyage de bureaux par mois, la réponse est souvent de refuser la prestation. Au-delà, la structuration se justifie.
C’est typiquement le genre d’arbitrage à poser avant d’accepter le premier client professionnel, pas après.
6. Le modèle économique, en chiffres
Quelques repères de gestion propres à ces activités.
6.1 Le taux horaire facturé n’est pas votre revenu
Décomposition qui surprend souvent les créateurs. Sur une heure facturée, il faut déduire les charges sociales, les temps de déplacement non facturés, le matériel et les consommables, l’assurance, les frais de gestion et de facturation, et le temps administratif non productif.
Le rapport entre heures facturées et heures travaillées constitue l’indicateur clé de ces métiers. Un prestataire qui facture 25 heures pour 40 heures de présence ne gagne pas ce qu’il croit.
6.2 Les leviers de rentabilité
Trois leviers, par ordre d’efficacité.
La densité géographique de la clientèle, qui réduit les temps morts. C’est le premier argument en faveur d’une implantation de quartier.
La régularité des prestations, un contrat hebdomadaire valant beaucoup mieux qu’une intervention ponctuelle, à la fois pour le remplissage du planning et pour la trésorerie.
La spécialisation, qui permet de monter en tarif et de limiter le matériel à transporter. Un intervenant qui fait à la fois du ménage, du jardinage et du bricolage transporte trois jeux d’équipement et maîtrise moins bien chaque prestation qu’un spécialiste, sans pouvoir facturer davantage.
6.3 Micro-entreprise ou société
Le régime micro convient au démarrage : formalités réduites, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires, pas de comptabilité complète. Ses limites apparaissent vite : plafond de chiffre d’affaires, impossibilité de déduire les charges réelles, notamment le véhicule et le matériel, et difficulté à embaucher.
Le passage en société s’impose généralement lorsque vous recrutez, lorsque vos charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire, ou lorsque vous approchez des seuils. Nous détaillons ces arbitrages dans notre article sur pourquoi prendre un expert-comptable quand on est auto-entrepreneur.
6.4 Embaucher : ce que cela change vraiment
Le passage de l’intervention seule à l’emploi d’un premier salarié constitue le vrai changement d’échelle de ces activités, et il se prépare.
La convention collective applicable dépend de votre activité réelle et de votre mode d’intervention, et non de votre code APE. Elle fixe les classifications, les minima, les majorations et les règles propres au secteur, notamment sur les temps de déplacement entre deux interventions et sur les interruptions de journée, deux sujets structurants dans ces métiers.
Le temps de trajet entre deux clients appelle une attention particulière : selon les cas, il constitue du temps de travail effectif ou donne lieu à une contrepartie. Une planification qui ignore ce point produit un écart significatif entre le coût prévu et le coût réel d’un salarié.
Les contrats à temps partiel, très fréquents dans le secteur, obéissent à des règles précises : durée minimale, répartition des horaires, encadrement des heures complémentaires, délai de prévenance en cas de modification. Le contentieux prud’homal du secteur naît presque toujours de ces sujets, rarement du fond de la relation.
Enfin, les exonérations de cotisations applicables à certaines activités et à certains publics peuvent alléger sensiblement le coût du travail. Elles supposent de remplir des conditions précises et de les déclarer correctement : c’est un point à vérifier au moment de la première embauche, pas à la fin de l’année.
6.5 La trésorerie des premiers mois
Trois décalages pèsent sur une jeune structure du secteur.
Le premier tient au rythme d’encaissement de l’avance immédiate : vous encaissez le reste à charge du client, puis la part correspondant au crédit d’impôt vous est versée avec un décalage. Sur un carnet qui monte en charge, ce décalage doit être financé.
Le deuxième vient des investissements de départ : véhicule, matériel, produits, assurance, sans oublier une communication de lancement dans le quartier, qui reste le meilleur investissement commercial de ces activités.
Le troisième est la saisonnalité : le jardinage s’effondre en hiver, la garde d’enfants suit le calendrier scolaire, le ménage est plus stable. Un carnet composé d’une seule de ces activités connaît des creux marqués qu’un carnet mixte amortit.
7. Les erreurs de démarrage les plus fréquentes
Six écueils, tous évitables.
Démarrer sans déclaration. Sans elle, pas de crédit d’impôt pour le client ni de taux réduit de TVA. Votre offre devient deux fois plus chère à prix affiché égal.
Confondre déclaration et agrément. Exercer une activité soumise à agrément sans l’avoir obtenu est une irrégularité de fond, pas une formalité oubliée.
Rompre l’exclusivité sans le savoir. Le premier client professionnel accepté par opportunité fait perdre le bénéfice du dispositif pour tous les autres.
Ne pas proposer l’avance immédiate. C’est aujourd’hui le principal argument de vente, et son absence se paie en clients perdus.
Facturer sans détail suffisant. Une facture imprécise empêche votre client de justifier son crédit d’impôt et d’appliquer les bons sous-plafonds.
Négliger l’attestation annuelle. Elle se prépare tout au long de l’année, à partir des encaissements, et non en janvier à partir de souvenirs.
Sous-estimer le coût du véhicule. Dans ces métiers, le véhicule est l’outil de production principal, et son coût complet, carburant, entretien, assurance, amortissement ou loyer, se compare directement au régime fiscal retenu. C’est fréquemment ce poste, plus que le chiffre d’affaires, qui rend le régime micro moins avantageux qu’il n’y paraît, puisque l’abattement forfaitaire remplace toute déduction de charge réelle.
Fixer son tarif sur celui du voisin. Le prix affiché par un concurrent ne dit rien de sa structure de coûts, de son taux d’occupation ni de son statut. Un tarif calculé à partir de vos propres charges et de votre rapport entre heures facturées et heures travaillées vaut mieux qu’un alignement sur le marché, surtout dans une activité où la fidélité tient davantage à la fiabilité qu’au prix.
8. Comment le Cabinet Cantini accompagne ces créations
Notre intervention se concentre sur le cadrage initial, parce que c’est là que se prennent les décisions difficiles à corriger ensuite.
La qualification des activités. Nous reprenons avec vous la liste précise des prestations envisagées et déterminons, pour chacune, si elle relève de la déclaration, de l’agrément ou de l’autorisation. Cette cartographie conditionne le calendrier de lancement, car un agrément ne s’obtient pas en quinze jours.
Le choix de la structure et du régime. Micro-entreprise ou société, mode prestataire ou mandataire, régime de TVA. Ces choix engagent votre capacité à embaucher et à déduire vos charges réelles, véhicule en tête, qui pèse lourd dans ces métiers.
Le paramétrage de la facturation. Mentions obligatoires, distinction des natures de prestations pour les sous-plafonds, taux de TVA applicables, et organisation du suivi des encaissements par client en vue de l’attestation annuelle.
La vigilance sur l’exclusivité. Nous signalons systématiquement le sujet au démarrage, et nous le réexaminons dès qu’un compte client professionnel apparaît dans la comptabilité. C’est un contrôle simple qui évite une perte disproportionnée.
Les créateurs que nous accompagnons dans ce secteur, à Parempuyre, à Blanquefort, au Pian-Médoc ou à Ludon-Médoc, sont fréquemment en reconversion ou en complément d’activité, avec un projet de proximité et peu d’appétence pour l’administratif. Notre travail consiste à réduire le nombre de décisions à prendre et à sécuriser celles qui comptent vraiment. Notre présentation locale figure sur notre page dédiée aux entreprises de Parempuyre, et notre approche générale dans notre article sur pourquoi choisir un cabinet comptable à Bordeaux ainsi que sur le site de notre cabinet d’expertise comptable en Gironde.
Questions fréquentes sur la création d’une activité de services à la personne
La déclaration est-elle obligatoire pour exercer ?
Non, elle est facultative sur le principe : vous pouvez proposer du ménage à domicile sans être déclaré. Elle est en revanche indispensable en pratique, car elle conditionne le crédit d’impôt de 50 % pour votre client et le taux réduit de TVA sur vos prestations. Sans déclaration, votre offre revient deux fois plus cher au client qu’une offre concurrente déclarée à prix affiché identique.
Quelle différence entre déclaration et agrément ?
La déclaration est facultative et ouvre les avantages fiscaux. L’agrément est obligatoire pour certaines activités visant des publics fragiles, notamment la garde d’enfants de moins de trois ans à domicile, et son absence interdit purement et simplement l’exercice. Un troisième régime, l’autorisation du conseil départemental, s’applique aux interventions en mode prestataire auprès de personnes âgées, handicapées ou dépendantes.
Comment fonctionne l’avance immédiate du crédit d’impôt ?
C’est un service gratuit de l’URSSAF qui déduit les 50 % de crédit d’impôt directement du montant payé par le client, au lieu de le lui rembourser l’année suivante. Une prestation facturée 100 € lui coûte donc 50 € immédiatement. Votre structure doit s’inscrire au dispositif, puis l’activer pour chaque client volontaire, et déclarer mensuellement les prestations réalisées, ce dont dépend votre encaissement.
Puis-je faire du ménage chez des particuliers et dans des bureaux ?
Pas dans la même structure, si vous voulez conserver les avantages liés à la déclaration. La condition d’activité exclusive impose de n’exercer que des activités du champ des services à la personne. Accepter une prestation de nettoyage de bureaux fait perdre le bénéfice du crédit d’impôt pour l’ensemble de vos clients particuliers. La solution consiste à créer deux structures distinctes, avec des comptabilités et des facturations séparées.
Le crédit d’impôt bénéficie-t-il aux clients non imposables ?
Oui. Il s’agit d’un crédit d’impôt et non d’une réduction : un client non imposable en bénéficie également, la somme lui étant remboursée. C’est un argument commercial déterminant et souvent inutilisé, car il élargit considérablement votre clientèle potentielle, notamment auprès des retraités aux revenus modestes.
Quels plafonds s’appliquent au crédit d’impôt de mon client ?
Le plafond général est de 12 000 € de dépenses par an et par foyer fiscal, majoré selon la composition du foyer sans pouvoir dépasser 15 000 €. Des plafonds spécifiques s’ajoutent pour certaines prestations, dont 5 000 € par an pour les petits travaux de jardinage. C’est pourquoi vos factures doivent distinguer précisément la nature des interventions : un libellé générique empêche l’application correcte de ces sous-plafonds.
Le temps de trajet entre deux clients est-il du temps de travail ?
C’est l’un des points les plus sensibles du secteur, et la réponse dépend des situations et de la convention collective applicable : selon les cas, le déplacement entre deux interventions constitue du temps de travail effectif ou ouvre droit à une contrepartie. L’enjeu est économique autant que juridique, car ces trajets représentent une part importante de la journée d’un intervenant. Une planification établie sans intégrer ce coût aboutit systématiquement à un écart entre le coût prévu et le coût réel du salarié.
Puis-je démarrer en micro-entreprise et changer ensuite ?
Oui, et c’est le parcours le plus courant. Le régime micro convient au démarrage : formalités réduites, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires, pas de comptabilité complète. Le passage en société s’impose généralement dans trois cas : lorsque vous recrutez, lorsque vos charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire, notamment à cause du véhicule et du matériel, ou lorsque vous approchez des plafonds. Anticipez ce basculement plutôt que de le subir, car il se prépare sur l’exercice précédent.
Quand dois-je remettre l’attestation fiscale à mes clients ?
En début d’année, pour les sommes encaissées au cours de l’année civile écoulée, afin que vos clients puissent justifier leur crédit d’impôt lors de leur déclaration de revenus. Le montant à porter est celui effectivement encaissé, pas facturé, ce qui crée un décalage pour les prestations de décembre réglées en janvier. Tenez ce suivi tout au long de l’année plutôt que de le reconstituer dans l’urgence.
Pour conclure
Le marché existe et il est proche : dans un secteur pavillonnaire comme celui de Fontanieu et de Parempuyre, la demande d’entretien, de jardinage, de garde d’enfants et d’aide aux seniors est réelle et régulière. La difficulté n’est pas commerciale, elle est réglementaire.
Trois points structurent le projet. La déclaration, facultative en droit mais indispensable en fait, puisqu’elle ouvre le crédit d’impôt et le taux réduit de TVA. L’avance immédiate, qui transforme une promesse de remboursement l’année suivante en réduction visible au moment du paiement, et qui constitue aujourd’hui le principal argument de vente. Et la condition d’activité exclusive, dont la rupture involontaire, souvent par un premier client professionnel accepté sans réfléchir, fait perdre le dispositif pour tous les autres.
À cela s’ajoute une discipline administrative modeste mais réelle : facturer avec assez de précision pour permettre l’application des sous-plafonds, et tenir le suivi des encaissements client par client en vue de l’attestation annuelle.
Vous préparez une création dans les services à la personne et voulez cadrer le régime applicable à vos prestations ? Contactez-nous dès aujourd’hui : notre fiche Google vous permet également de consulter les retours des créateurs que nous accompagnons en Gironde.
Cabinet Cantini
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